Maison natale de Louis Fréchette
Expositions
Le photographe dans son univers et regard sur la société
du vendredi 24 juin au dimanche 24 juillet 2016
Maison de Louis Fréchette
4385, rue Saint-Laurent, Lévis
L’exposition collective Le photographe dans son univers et regard sur la société, proposera à travers la lentille de 7 photographes ayant chacun leur personnalité et leur préoccupation, des images qui feront réfléchir ou étonneront. Les photographes invités sont : Anne-Sophie Beaudoin, Pierre Duquet, Danielle Giguère, Antoine Godbout, Constance Lamoureux, Renaud Philippe et Christian Thériault.

Danielle Giguère
Depuis son tout jeune âge, Danielle Giguère pratique des activités dans le domaine des arts. En 1982, elle obtient une bourse d’études à temps plein à l’École des Ballets Jazz de Montréal. Ensuite, elle fait des études collégiales en graphisme et en arts plastiques qu’elle termine avec une mention d’honneur. Après avoir exercé le métier de photographe pendant une dizaine d’années, elle entreprend, à l’Université Laval, un baccalauréat en arts visuels qui lui méritera la prestigieuse bourse d’excellence René-Richard. Elle complète son projet d’étude en 2007 en optenant une maîtrise en arts, qui lui permet de se spécialiser en arts médiatiques. Elle a participé à des événements et des expositions artistiques à Montréal, à Québec, à Osaka, à Cracovie et à Toulouse.
Christian Thériault
Natif du Doux Pays du Kamouraska, Christian Thériault est un photographe autodidacte. Son parcours n’est pas celui de l’artiste traditionnel. Encadreur de profession depuis un peu plus de 35 ans, Christian renoue avec son hobby qu’il avait effleuré à l’aube de l’âge adulte. Peaufinant toujours un peu plus son art chaque jour, l’artiste nous amène à découvrir des points de vue encore inexploités du Kamouraska, particulièrement en format panoramique. Les photos ne sont jamais l’effet d’un heureux hasard… Il est nécessaire de repérer et identifier des sites pour un éventuel travail photographique afin de déceler le meilleur moment de la journée propice à la lumière souhaitée, pour saisir une atmosphère particulière qui se manifeste sous un angle favorable à un moment donné.
Anne-Sophie Beaudoin
Ayant eu un grand-père photographe, Anne-Sophie Beaudoin a développé peu à peu son intérêt pour ce domaine fascinant. Globe-trotter dans l’âme, passionnée de découvertes et appareil photo en mains, c’est à la recherche d’images inédites pouvant témoigner de son talent qu’elle a eu le bonheur de parcourir les cinq continents. Après l’obtention d’un baccalauréat en administration des affaires et d’un certificat en gérontologie, c’est en photographie qu’elle a choisi de s’épanouir professionnellement. Graduée de l’École de photographie de Québec depuis 2015, de nombreux projets l’attendent maintenant, au Québec ou ailleurs. Avec ses paysages à couper le souffle, ses portraits qui font parler leurs sujets et ses scènes débordantes de sensibilité, Anne-Sophie saura assurément attirer votre attention.
Renaud Philippe
Le soleil couchant dessine des ombres géantes aux quelques ormes qui se mirent dans la rivière Saint-Charles. «C’est vraiment une belle lumière», murmure Renaud Philippe, l’œil fixé sur l’ouest. La main déjà posée sur la gibecière en toile kaki qui lui sert de sac photo, il se ravise: «Ça ferait une belle image, mais pour dire quoi au fond…». Finalement oui, l’appareil photo jaillit du sac. Un jeune cycliste traverse le dernier rayon de soleil, la roue avant fièrement dressée vers le ciel. Le photographe croque la scène en quelques clics, un sourire accroché à sa barbe blonde. Avec ce passant providentiel, le beau paysage prend brusquement toute sa signification.

Ce sens de l’image qui frappe permet à Renaud Philippe (Communication publique 2006) de tracer sa route dans le petit monde de la photo documentaire. Canadian Geographic, Maclean’s, Le Figaro, le site Internet de L’actualité: divers médias ont publié ses clichés, dont plusieurs ont remporté des prix. Le Donald W. Reynolds Journalism Institute lui a octroyé la mention d’excellence au concours Picture of the year International pour sa série sur Haïti, tandis que l’Association des journalistes indépendants du Québec l’a choisi à deux reprises comme photographe de l’année (en 2011 et 2012). Sans oublier la Fédération professionnelle des journalistes du Québec qui a choisi sa photo d’un jeune manifestant du G20, à Toronto, sautant à pieds joints sur les restes d’une voiture calcinée, comme meilleure photo de presse en 2011. Pigiste pour Le Soleil de 2006 à 2010 et pour Le Devoir depuis un an, le photographe de 28 ans, père de deux enfants, assume aussi son destin professionnel grâce à sa propre agence, Stigmat.

Naissance d’un photoreporter
La photographie, Renaud Philippe l’a découverte sur les routes, lors d’un voyage dans l’Ouest canadien au tout début de ses années universitaires. C’était sa première virée solo, celle qui lui a ouvert les yeux sur un autre mode de vie. La prise d’images devenait alors un moyen de mieux regarder l’autre, d’appréhender la réalité. Finalement, ce regard a pris le pas sur le reste. Au point de remettre en question la suite de ses études en génie mécanique, tout juste amorcées. Il obtiendra plutôt un baccalauréat en communication publique, option journalisme, un choix logique pour quiconque a envie de raconter le monde et le quotidien de ses frères humains.

Épris d’émotion, d’atmosphère et de rencontres, Renaud Philippe carbure aux relations humaines. De lui, Isabelle Clerc, professeure au Département d’information et de communication, garde le souvenir d’un étudiant très déterminé, extrêmement présent, «avec un regard bleu allumé et qui savait où il s’en allait». L’étudiant de son cours Écrire pour informer ose même lui remettre un jour, plutôt qu’un article, un en¬semble de photos sur le mouvement contre la hausse des droits de scolarité, version Jean-Marc Fournier aux manettes du ministère de l’Éducation. Son écriture à lui, c’est déjà l’image.

Six ans plus tard, les étudiants défilent encore dans les rues et Renaud Philippe parcourt 12 000 km en voiture pour témoigner de ce printemps exceptionnel. Des allers-retours plusieurs fois par semaine entre Québec, où il vit avec sa famille, et Montréal, où se déroulent quotidiennement les manifestations nocturnes. Pas dans l’espoir de vendre des clichés spectaculaires aux quotidiens en quête de sensationnalisme. Non. Pour l’adrénaline, pour le plaisir de partager ce moment unique avec sa génération, pour témoigner de l’attente, de la peur et de la joie d’une jeunesse en marche, en toute liberté.

Pour l’instant, la plupart de ces clichés d’un printemps en folie reposent dans son ordinateur. Sauf une image publiée dans Le Monde diplomatique et quelques-unes dans un magazine français. Témoin privilégié du mouvement, le photographe porte un regard sans complaisance sur la récupération des événements par les faiseurs d’opinion. «On a beaucoup parlé de violence du côté des manifestants, mais j’ai surtout vu les tensions monter en réaction aux actions des policiers qui bloquaient une rue ou de quelques casseurs, souvent vers 21h45, juste avant l’heure des informations télévisées. J’ai senti un déphasage entre le traitement médiatique et les intentions des participants, avec des mots comme “violence” ou “intimidation” répétés à outrance. Alors, imaginez quand les médias nous rapportent l’actualité d’ailleurs…»

Le monde selon Renaud
Cet ailleurs, Renaud Philippe y a plongé tête baissée vers la fin de son bac. À l’âge où beaucoup hésitent entre un voyage en Italie ou un tout-compris à Cancun, le voilà sur les routes de l’Inde, à encaisser sans filtre le dénuement. De retour dans l’opulente Amérique, il ne pense plus qu’à repartir. Son poste de directeur photo à l’hebdomadaire étudiant Impact Campus lui donne alors l’occasion de séjourner dans des camps de réfugiés somaliens et soudanais au Kenya. Deux mois à vivre aux côtés de jeunes de son âge, victimes d’une situation qui les dépasse complètement, sans pouvoir améliorer leurs conditions de vie.

Quelque temps plus tard, fin 2006, il retourne en Inde, dans le quartier Kaligat de Calcutta, là même où mère Teresa pansait les plaies des oubliés de la société. Des jours à s’imprégner de l’atmosphère souvent pestilentielle de ce coin de la planète, cette année-là innondé deux fois par jour par les marées du delta tout proche qui laissent des rats noyés en se retirant.
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